LES AFFRES DU TRADI
Il venait de rentrer de la bénédiction.
Il avait l’esprit droit et la conscience claire,
Ayant rempli l’ensemble des obligations
Que l’église demande ou simplement suggère.
Ses enfants étaient beaux, habillés avec goût
Sa femme en prenait soin, c’était là sa fierté.
Sa maison, sans grand luxe, était comme un bijou
Elle sentait le bois fraîchement astiqué.
Il venait de rentrer, sa maison était calme.
Ses petits, parfumés, étant très occupés
Par quelque jeu d’adresse et de dextérité,
Ignorèrent son pas : cela fendit son âme.
Sa femme à son devoir était tant appliquée
Qu’elle ne pu lever les yeux de son ouvrage.
Il se sentit alors un peu désespéré,
Calme comme le temps qui précède l’orage.
Par bouffées lui revinrent les temps, déjà anciens,
Où comme il espérait, étant célibataire,
Ces retours au foyer, lui, le vieux solitaire.
C’est ainsi qu’au dîner il s’en ouvrit aux siens.
« Mais, mon cher, nous ne sommes plus depuis bien longtemps
Tenues de vous saluer et c’est un avantage
Les choses ont évoluées depuis nos grands parents -
Dit la mère au foyer - fini le moyen age ! »
Rien ne sert de pleurer ou de te mettre en rage
Les tradis ne le sont que pour la liturgie,
Les pélés, les retraites et puis sur les parvis.
Mon vieux, il faut t’y faire et te mettre à la page.
11/05/2007