Le liseur
Le liseur était là, où certains sont ailleurs…
Le liseur était las ! Son instinct batailleur
S’était enfui, d’ailleurs, et la nuit qui tombait
Sur les espaces vides, au vide l’envoyaient.
Il aurait bien aimé, voyant son verre vide,
Qu’un ami, (une muse ?) vint combler la lacune
Et remplir à ras bord ce récipient livide.
Mais seul il demeura, sans quelqu’un, ni quelqu’une.
Alors au désespoir de pouvoir échanger
Un mot, une parole, un verbe, une inquiétude
Contemplant, pauvre hère, d’un œil désespéré
La bouteille complice, il changeât d’attitude.
Assumant sans regret les instincts de sa race
Il se jeta soudain, et avec quelle audace,
Sur la bouteille pleine de ce liquide ambré
Et sans plus de manière, la descendit d’un trait.
le 3 novembre 2009