LE FORGERON ET LE MENUISIER
Un forgeron à son enclume
Antique, était très affairé
Son marteau lui semblait de plume
Du poids il s’était libéré.
Il façonnait des clous têt’ homme
Pour son ami le menuisier,
Dans la forge où le bruit assomme,
Où les coups tombent réguliers.
Il y mettait son cœur, son âme,
Et beaucoup de ténacité
Car il préparait pour sa dame
Le coffre de la mariée.
Le menuisier chauffait la colle
Qui servirait à assembler
Les montants de cette bricole
Pour son ami le ferronnier.
Le forgeron chez son compère
Apporta les fins clous d’acier
Et pour l’aider à sa manière
Se proposa de les frapper.
Vous imaginez, sans parole,
Quel fut le sort du mobilier…
C’est la fin de la parabole.
Le forgeron fut humilié !
Battre un clou n’est pas une affaire
Quand on est un bon menuisier
Mais il y faut du savoir faire
Et sa force bien maîtriser.
Que chacun son métier assume
Et se garde bien d’empiéter
Sur celui d’un tiers qu’on présume
Aussi bien que lui maîtriser.
Samedi 21 juin 2008