HOMMAGE A CHARLES PEGUY
HOMMAGE A CHARLES PEGUY
Il est un puits perdu au beau milieu d’un champ*
Où les blés se souviennent des rires et des chants
De ces quelques poilus, remplissant leur bidon
La veille de ce jour où ils mourraient au front.
Ce puits désormais sec et comblé de gravas
N’abreuve plus personne de son eau fraîche et pure
Image de ce peuple, que la mort défigure,
Asséché et stérile qui ne sait où il va.
En cette fin d’été où les blés moissonnés
Laissaient leurs épis murs dans les granges antiques
Les ennemis massés, les hordes teutoniques,
Ensanglantaient la terre de nos champs assoiffés.
Et nombre de héros, de pères de familles,
Défendirent leur terre, leur maison paternelle,
Ils dorment méconnus, sans ombre et sans charmille
Couchés dessus le sol et face à l’Éternel.
Charles était de ceux là. Commandant sa section,**
Il mourut pour l’honneur de nos cités charnelles
Dans ce champ, moissonné, face au gros bataillon,
Sans sonnerie aux morts, sans orgues solennelles.
C’était un chevalier de l’époque moderne
Son courage héroïque est là pour le prouver.
Son message aujourd’hui encore nous concerne :
Les pères de famille sont nobles chevaliers !
Samedi 5 juillet 2008